Publication Content

OUFKIR Raouf L’Impératrice des songes La Kahena

L’Impératrice des songes
Raouf Oufkir
Synopsis du roman

Premier tome
Un personnage réel très romanesque

Ce roman retrace l’histoire de Dihya, la plus grande des reines berbères, surnommée aussi : « La Kahena ». Souveraine charismatique au destin hors du commun, elle a été le symbole de la résistance de son peuple face à l’occupation arabo-musulmane de l’Afrique du nord.
Dihya a régné sur la Berbèrie de l’an 689 à l’an 705. En cette fin de VIIème siècle, début du VIIIème, l’Afrique du nord se compose de royaumes et de principautés composés de tribus juives, chrétiennes ou païennes.
La grande reine est issue des Jawara : vaste confédération de tribus juives formant avec leurs alliés chrétiens un puissant royaume voisin de Carthage (les Jawara sont judaïsés tout en conservant certains de leurs rites primaires, résidus de leur paganisme passé.)
Cette grande souveraine, berbère, juive, s’est dressée farouchement contre l’envahisseur. Elle a, sa vie durant, défendu le sol de ses ancêtres, la foi de ses pères, la liberté et la dignité de son peuple. Pour certains, elle a été la Déborah d’Afrique du Nord, pour d’autres sa Jeanne d’Arc. Toujours est-il que Dihya dite la « Kahena », demeure pour les berbères, un mythe contemporain vivace… Aujourd’hui encore, ils donnent son prénom et surnom à leurs filles.

Une femme aux dons multiples…
Personnage haut en couleurs, cette femme d’exception, à l’intelligence pointue, au courage physique frisant parfois l’insolence, su s’imposer et dominer dans un monde d’hommes, en des siècles reculés.
Les tristes événements qui inaugurèrent sa naissance, ses relations avec le roi Tabet, son père, les soubresauts de sa vie sentimentale et ses dons divinatoires avérés, eurent un impact certain sur son parcours…

Une jeunesse, une éducation originale…
La naissance de Dihya se produit sous de funestes auspices. Sa mère, la reine Zimma meurt en lui donnant le jour. Son père, le roi Tabet inconsolable, va momentanément la rejeter. Il considère que cette enfant, née dans le drame et lors d’une incursion arabe, est porteuse de mauvais augures.
C’est à la sœur du roi, la princesse Nara, que va incomber l’éducation de la petite Dihya. Lors du parcours spartiate que sa tante va lui ménager, Dihya n’aura de cesse de se surpasser pour attirer l’attention de ce père qui la rejette. Elle est persuadée qu’en se comportant en garçon manqué comme le fils que Tabet n’a pas eu, elle finira par reconquérir l’amour et l’attention paternels. Mais dès l’adolescence, sa marraine, Nara, n’omettra pas non plus de lui expliquer : « Que l’on peut conquérir, voir soumettre, la beauté lorsqu’elle est dépourvue d’esprit. Mais que lorsque celle-ci reçoit le double don d’intelligence et de perspicacité, elle devient une arme redoutable ! »
Nara est un personnage très particulier, auréolé de crainte et de mystère. Pour une raison demeurée énigmatique, elle s’est émancipée très jeune de la tutelle de son père… La raison de cette rupture devint un secret si bien gardé qu’elle suscita les affabulations les plus diverses : « La nature humaine est ainsi faite que ceux qui pérorent le plus en savent le moins et ceux qui se taisent en savent trop… »
À l’issue de cet étrange épisode, la princesse Nara, entourée de quelques fidèles, avait disparu sans laisser de traces. Alors, rumeurs et légendes se superposèrent. On prêta à la princesse un haut degré de savoir et des pouvoirs occultes… Retranchée dans une forteresse dite invisible, inatteignable, elle aurait été entourée d’un corps d’amazones entièrement dévoué à sa personne… (Ibn Khaldoun historien arabe du XIV siècles, et d’autres tel que En-Noweiri, El Bayan, font référence à ce corps de cavalerie féminine qui formait la garde royale de la Kahena et avait la réputation d’être féroce au combat).
Voilà donc l’esquisse de cette tante peu commune à laquelle va échoir l’éducation et la formation de Dihya. C’est cette princesse rebelle, savante et dominatrice qui va forger l’âme bien trempée, le caractère acéré, de la future grande reine. Le destin fera le reste…

Une précocité surprenante…
Les nombreux dons, les prédispositions intellectuelles et physiques de la petite princesse, finiront par avoir raison de la retenue du roi Tabet. Peu à peu, le fossé ayant séparé Dihya de son père, se muera en une proximité, une complicité rare. La princesse en tirera une leçon essentielle :
« Les barrières sont faites pour être franchies pourvu que l’on y consacre intelligence, ténacité et énergie ; Et qu’il est plus difficile de gagner l’amour que de le perdre… »

Une galerie de personnages étonnants
La jeune princesse va au hasard des rencontres, au gré du destin ou par la force, lier des amitiés fortes avec des personnages plus ou moins marginaux. Ses compagnons d’enfance suivront Dihya des prémices de sa vie jusqu’au sommet du pouvoir. Ils partageront avec elle, les jeux naïvement guerriers de l’adolescence et se trouveront autour d’elle dans les batailles les plus effroyables que la grande reine livrera inlassablement à l’occupant arabo-musulman.
Autour de la Kahena, gravitent de nombreux personnages énigmatiques, des êtres tantôt fiers tantôt traîtres, des individus qui recherchent le pouvoir et sont prêts à tout pour l’obtenir. Pour coaliser la majeure partie des royaumes et confédérations d’Afrique du nord autour de sa personne, la reine Dihya devra déployer ses multiples talents. La Kahena ne cessera de démontrer ses étonnantes aptitudes politiques, diplomatiques, et son art consommé de la guerre.

Reine magicienne
Dès l’enfance, donc, Dihya fit la preuve de ses prédispositions médiumniques. Elle augura d’événements marquants qui ne manquèrent jamais d’être vérifiés par son entourage. Jeune fille, elle prophétisa les invasions répétées des cavaliers de l’islam. Tout au long de sa vie ses prémonitions s’avéreront exactes. La grande reine prédira même le jour et les circonstances de sa mort !
Les Arabes l’ont surnommé la « Kahena », ce qui dans leur langue veut dire : « la devineresse » mais signifie en hébreu « la prêtresse ».

Reine guerrière…
Rousse aux yeux verts, physique rare dans les déserts d’Arabie, la « Devineresse » inspira autant d’admiration que de crainte aux cavaliers de l’Islam. A tel point qu’ils magnifièrent ses pouvoirs occultes pour expliquer les nombreuses défaites militaires qu’elle leur infligea.
Son intelligence, son intuition, sa témérité et sa détermination, l’ont voué à un grand destin. Son charisme et sa grande beauté n’ont fait qu’ajouter au portrait de cette souveraine mythique. Si ses dons médiumniques, ses prémonitions presque infaillibles ont inspiré sa réputation de reine-magicienne, sa dureté, sa ruse, sa bravoure et ses qualités d’organisatrice et de stratège, ont fait sa légende de reine guerrière.

Son baptême de guerre
C’est jeune fille que Dihya fera ses premières armes dans la résistance. D’abord aux côtés du roi Tabet, son père, puis dans le sillage de Koceila le charismatique et jeune roi chrétien de l’Aurés occidental, avec lequel elle connaîtra les feux de la passion et l’euphorie d’un grand amour. Ensembles, ils chasseront momentanément les arabes de Kairouan (la première ville musulmane en terres berbères, fondée par le fanatique général Ocba Ben Naafi) et y régneront pendant les six années d’une paix précaire.

Son baptême d’amour
Lorsque le chemin de Dihya va croiser celui de Koceila ; Au premier regard, la princesse va lire dans la beauté de ses yeux, l’intensité de son regard, leur propre avenir. Elle y voit l’ivresse de la passion, les convoitises, la jalousie des hommes, la mort et la douleur ravivée de l’abandon. Elle prend peur, et tente d’échapper à son destin en s’offrant à un autre amant. Mais Koceila et la Kahena sont issue de la même terre, pétrie de la même patte, portés par une même force, guidés par la conviction inflexible de ceux que la grandeur pointe du doigt, au point que l’univers entier semble couler dans leurs veines. Destinés à façonner l’histoire, à détourner le cours des événements, ils sont pourtant condamnés à ne point pouvoir modifier le cours de leur existence propre. C’est une union mythique, spirituelle et charnelle d’une puissance rare qui les réunies dans leur mission commune : la liberté. Dans un tourbillon politique et guerrier, leur amour traversera l’adversité. De leur passion profonde naquit un enfant et de leur combat commun une légende, une nation…
Koceila sera finalement vaincu et tué. A ce malheur viendra s’ajouter la mort du roi Tabet, le père de Dihya. Un usurpateur ravira son trône. Mais au prix d’effroyables souffrances, d’amères déceptions, la jeune princesse se relèvera. Dihya par de tortueuses et subtiles manœuvres, par une patience admirable et des actions audacieuses, des actes extrêmes, va reconquérir le trône de son père. Sa légende commence : La Kahena rassemble autour d’elle des forces considérables et reprend la lutte.
La résistance berbère prendra autour d’elle et grâce à elle, des proportions jamais atteintes. La grande reine arrivera à coaliser les royaumes, les confédérations et les tribus sur pratiquement toute l’Afrique du Nord pour repousser l’envahisseur arabe.

L’envahisseur
Les califes se succédant, l’ambition hégémonique des arabes ira grandissante et leur volonté de soumettre l’Afrique du nord, va s’exprimer au cours de cinq grandes campagnes militaires ; sous les règnes successifs de cinq différents « commandeurs des croyants ». En se basant sur une ossature historique rigoureuse, « l’impératrice des songes » immergera le lecteur dans l’univers de cinq califes ayant pris la succession du prophète Mahomet… Presque que tous mourront assassinés, victimes des luttes sanglantes que se livrèrent les différentes factions de l’islam pour imposer leur candidat au califat.
Les généraux arabes vont se succéder pour essayer de vaincre la Kahena. Le dernier d’entre eux, Hassan Ibn Nooman s’y reprendra à maintes reprises. Ce n’est qu’après avoir subi plusieurs défaites, et par la trahison, que Hassan finira par abattre la grande reine…

Une documentation sérieuse
Un roman qui se fonde sur les textes historiques des plus grands historiens arabes (comme Ibn-Khaldoum, En-Noweiri, Abou-‘l-Mahacen, El-Bakri, Al Bayan…) mais qui laisse la part belle au mystère et à l’imagination.
L’histoire des guerres est aussi indissociable de celle des hommes, que la lutte des individus est liée à leur nécessité de prospérer, leur besoin de reconnaissance, voire pour certains leur volonté de domination. Mais les uns et les autres sont égaux dans les débâcles intimes, les déboires sentimentaux ou les interrogations existentielles. On ne peut donc revisiter l’histoire sans restituer les faiblesses, les passions, les émotions, les sensations de ses principaux acteurs… c’est ce récit que l’on retient et que l’on retranscrit. Entre les lignes et les signes laissés, il convient de lire une autre trame, universelle, moins bruyante parce que volontairement occultée par la plupart des hommes qui y lisent leur propres faiblesses. Cette « deuxième » lecture des évènements, essentielle, ne peut se permettre d’effleurer les choses si elle veut prospecter les tréfonds d’une vie : Ce magma imprévisible où explose ombre et lumière, amour et haine ; cruauté et magnanimité, pingrerie et générosité, amitié et inimitié, orgueil et humilité, grandeur et petitesse, perfidie et noblesse … Non maîtrisable, cette seconde lecture de l’histoire fait peur, parce qu’elle révèle les âmes ; Bien plus que la guerre et la mort qui peuvent s’avérer héroïques, elle terrifie parce qu’elle nous interroge sur ce que nous sommes…
La rencontre avec l’autre passe d’abord par la connaissance de soi et ne peut se faire que dans un corps à corps : celui de l’amour ou de la lutte… comme les deux faces d’une même médaille. Ces deux antagonistes ne peuvent exister l’un sans l’autre, dos à dos. Ce roman a pour ambition d’être le miroir où se reflèteraient toutes ces facettes, mais aussi d’emporter le lecteur dans un monde de passions et de trahisons, de rebondissements et de tendresse, d’amours contrariés et de sentiments assumés.
En somme, de raconter avec force surprise et émotion, le conflit des sentiments, l’affrontement des idéaux et les guerres des hommes…

Une façon de découvrir une contrée et une époque
Un roman historique doit à la fois être le récit d’une époque, la découverte d’une contrée, la narration d’une aventure, l’évolution de personnages avec leurs joies et leurs épreuves, leurs doutes et leurs convictions, leur cheminement et leurs buts… et une façon de présenter aux lecteurs une époque autant qu’une contrée. Après tant de livres sur l’Egypte, les Incas ou Napoléon, L’impératrice des songes assumera l’originalité de propulser le public en des temps et sur des terres rarement évoqués, à la fois intrigants et magiques. L’histoire du peuple Berbère a volontairement été falsifiée, occultée par les musulmans et les arabes (A l’exception de grand historien comme Ibn Khaldoun qui a consacré toute une œuvre à l’histoire des Berbères).
En suivant les traces de la reine Dihya, chacun sera envoûté par cette fin du VIIème siècle peu connue, découvrira les moeurs et les raffinements d’une région qui s’est toujours trouvée au carrefour des civilisations phénicienne, romaine, vandale, arabe (et française depuis 1830 jusqu’au milieu du XXé siècle)… Une civilisation berbère originale et unique parce qu’elle a tiré le meilleur de toutes ces influences et qu’elle a su, à travers les âges et aujourd’hui encore, préserver son bien le plus précieux : son âme.
Livre de passion et de sentiments, d’évocation et d’histoire, L’Impératrice des songes sera avant tout romanesque. Un univers où se côtoient sorciers, mages, chamanes et rabbins… Paysages grandioses, fléaux divins, batailles effroyables, duels acharnés entre grands capitaines de guerre, grandes envolées des esprits, amours acharnés ou impossibles, amitiés inconditionnelles et trahisons impitoyables, dans un style à la fois musical et imprégné de l’alchimie de toutes ces cultures, ce livre conduira chacun dans un monde oublié, dont la seule évocation nous plonge dans les couloirs du temps, éveille le rêve, la féerie, le mystère et la peur, l’espérance et le désespoir.
On entrera dans les coulisses des forteresses royales, dans les secrets des palais du califat, dans les arcanes du pouvoir, dans le labyrinthe des complots, et l’intimité des puissants de l’époque. On se plongera aussi dans la plèbe de Damas, du Caire et de Carthage. De la pauvreté du peuple à la richesse des princes, des hurlements des champs de bataille à la douceur des mots d’amour, ce roman a pour espérance de pimenter de tous ces contrastes, l’épopée haletante de celle que les berbères appellent « Dihya : la reine des reines ! »
L’histoire de cette femme, au passé glorieux, est d’actualité ; Parce qu’à travers son parcours et celui du peuple berbère on peut constater à quel point le nord de l’Afrique a été un carrefour de civilisations, une terre de cohabitation, ouverte à la nouveauté, qui a pratiqué les trois religions monothéistes. Dans l’époque d’intolérance que nous vivons où l’extrémisme religieux menace d’embraser le monde, de consumer les espérances, de détruire les principes élémentaires d’humanité, il est peut-être bon de rappeler que nous partageons une même foi, un passé commun…que nous sommes issus de la même matrice, n’en déplaise aux apprentis sorciers qui cherchent à diviser les hommes dans une folle et blasphématoire tentative de s’approprier dieu.
L’ombre peut-elle s’approprier la lumière ? Certainement pas tant que des femmes et des hommes entretiendront la flamme de la résistance, en se nourrissant d’exemples tel que celui de la Kahena.
Raouf Oufkir
L’IMPERATRICE DES SONGES

KAHENA, PRINCESSE SAUVAGE

Raouf OUFKIR

TOME I

Citadelle de Baghaïa, Berbèrie, VIIe siècle. Le roi Tabet consomme son désespoir quand, au même instant, le fils du roi Amnaï, le prince Koceïla, voit le jour. Le royaume juif de l’est et le royaume chrétien de l’ouest ne forment alors qu’un seul peuple, luttant contre les premières invasions arabo-musulmanes. Mais surmonteront-ils les coups du sort? Et, cette fois, la roue va-t-elle tourner? Dans ce roman, Raouf Oufkir conte la jeunesse de Koceïla et Dihya – dite la Kahena – jeunes seigneurs de la Berbèrie. Une histoire vraie ouvrant au lecteur les portes de forteresses vertigineuses, lui faisant découvrir les magnificences byzantines de l’antique et légendaire Carthage comme les somptueux palais du Caire, de Damas et d’Alexandrie. Avec panache et flamboyance, il dévoile les ambitions et les guerres de souverains bercés par des illusions de grandeur mais prêts à toutes les intrigues pour une victoire, une part de terre, de gloire, ou parfois, la liberté. Raouf Oufkir, titulaire d’un DEA d’Histoire à Paris VIII, a déjà publié Les Invités (Flammarion, 2003). Il est également le fils aîné du général Oufkir.

Ce roman retrace l’histoire de Dihya, la plus grande des reines berbères, surnommée aussi : « La Kahena ». Souveraine charismatique au destin hors du commun, elle a été le symbole de la résistance de son peuple face à l’occupation arabo-musulmane de l’Afrique du nord au VIIème siècle. Pour certains, elle a été la Déborah de la Berbèrie (d’Afrique du Nord), pour d’autres sa Jeanne d’Arc. Toujours est-il que Dihya dite la « Kahena » demeure pour les Berbères un mythe contemporain vivace… Aujourd’hui encore, ils donnent son prénom et surnom à leurs filles.

Si lointaine que soit la période historique, la véracité des personnages et des faits relatés dans Kahena, la princesse sauvage, elle n’en demeure pas moins d’une « cruelle » actualité. On ne peut malheureusement que constater à quel point la France se retrouve chaque jour davantage menacée et les lois de la République régulièrement assaillies par une cinquième colonne d’intégristes s’improvisant théologiens de la violence. Or ces extrémistes minoritaires n’ont rien à faire du développement, de l’harmonie sociale des zones déshéritées sur lesquelles ils s’ancrent et qui ont fini par devenir des espaces de non droit. Mais au contraire ils font, selon moi, tout pour que la situation dégénère en explosion irrémédiable.

Ce roman, à sa manière, transmet donc un large message. Un message pour les amoureux de littérature, de quelque horizon qu’ils soient. Un message aux musulmans de France et à la génération sacrifiée des banlieues afin de les exhorter à respecter le sang que leurs parents et grands parents ont versé sans parcimonie pour la France et au nom des principes et valeurs universels. Le monde de violence, le sectarisme, le communautarisme et cette haine sourde des institutions et de toute autorité ne les mèneront qu’à la catastrophe vers laquelle les poussent sans relâche les intégristes.
Leur salut et le bon sens ne leur laissent qu’une voie salutaire, celle de s’impliquer politiquement et socialement dans la vie de la cité pour y reprendre leur réelle et naturelle place. L’espoir subsiste car la quasi majorité des musulmans de France pratiquent la vraie foi, leur respect des autres et la cohabitation pacifique entre les peuples; car n’oublions pas que comme toutes les religions, l’islam est censé prêcher la paix, la concorde et la fraternité dans le respect des trois religions monothéistes.

Dans l’époque d’intolérance que nous vivons où l’extrémisme religieux menace d’embrasser le monde, de consumer les espérances, de détruire les principes élémentaires d’humanité, il est peut-être bon de rappeler que nous partageons une même foi, un passé commun, que nous sommes issus de la même matrice, n’en déplaise aux apprentis sorciers qui cherchent à diviser les hommes dans une folle et blasphématoire tentative de s’approprier Dieu.
A travers son aspect ludique et romancer, si « Kahena la princesse sauvage » participait un tant soit peu à rétablir quelques vérités depuis longtemps falsifiées, alors ce livre aura atteint son objectif.

L’auteur
Raouf Oufkir a déjà publié, chez Flammarion en 2003, Les Invités. Un témoignage poignant dont l’écriture a notamment été saluée par les journalistes et les lecteurs. L’Impératrice des songes est son premier roman. Il est titulaire d’un DEA d’histoire, obtenu avec la mention très bien, à l’Université de Paris VIII.

Postface : La question berbère
La Kahena – L’Impératrice des songes
Rouf Oufkir
Pou éviter toute récupération ou interprétation erronée de ce qui pourrait apparaître comme une démarche militante, je tiens à dire, ici, et sans ambigüité, ma conviction.
Concernant ce que l’on appelle « la question berbère » voici mon humble mais non moins ferme opinion, et pour ne parler que du Maroc : Depuis l’indépendance du Maroc les défenseurs engagés de la langue et de la culture berbère, l’ont sincèrement mais incomplètement défendue en ouvrant, par naïveté ou par erreur tactique, le flanc aux arabisants sectaires qui les accusèrent de séparatisme. Quoi de plus habile qu’une propagande bien organisée pointant les berbéristes du doigt comme le détonateur d’une guerre civile dans un pays fraîchement indépendant… Pour ma part, le débat de l’époque est dépassé et ses acteurs d’antan dans les deux camps, avec tout le respect que je leur dois, le sont aussi.
Aujourd’hui une jeune génération de chercheurs, de professeurs d’intellectuels, d’artistes a pris le relais et revendique des droits humains, culturelles, sociaux épurés de tous calculs ou ambition politicienne. Je dirais, donc à ceux qui se débattent dans un affrontement idéologique stérile et simpliste, dressant Arabes et Andalous contre les Berbères, et vice et versa, que la vérité historique les renvoie dos à dos. Car au lieu de poser la question en ces thermes : qui au Maroc est berbère et qui ne l’est pas ? Il faut à mon sens s’interroger : qui au Maroc n’est pas berbère ?
Il est avéré que depuis le Neandertal, les Berbères sont les habitants originels de l’Afrique du nord. Au cours de millénaires, de nombreuses civilisations se sont brassées à ce peuple. Phéniciens, Grecs, Romains, Germains, Vandales, Arabes, Ottoman, Français, se sont succédés sur la rive sud de la méditerranée. Il est donc logique que des brassages se soient opérés.
Alors il est évident, à mon sens que l’Histoire et ses faits, le bon sens et les lois de la nature, tendent à affirmer que les berbères ont toujours été la majorité de la population du Maroc . Il est donc logique que chaque juif, arabe ou Andalous venu depuis des générations et des générations s’installer dans ce pays se soient brassés avec le peuple berbère dont la beauté des femmes est légendaire. Tout au Maroc est berbère : l’art, l’artisanat, l’architecture, la cuisine etc. Et leur particularité saute aux yeux de celui qui voudrait les comparer à l’orient arabe.
Pour conclure je veux affirmer, que la marocanité est une et indivisible, que la berbérité est son socle, ses racines, et son tronc ; et que ses branches et leurs feuilles qu’elles soient berbères, juives, arabes, andalouses sont nées et se nourrissent de la même sève.
Je voudrais tout d’abord remercier toutes celles et ceux qui me feraient l’honneur de leur lecture. J’espère, que « L’Impératrice des Songes » relatant des personnages et des faits ayant existé, plonge le lecteur dans les couloirs du temps, les arcanes de l’Histoire, les labyrinthes des sentiments humains ; et lui permette de redécouvrir l’existence millénaire du peuple Berbère, de ses mœurs, de ses coutumes, et de sa civilisation ouverte et curieuse des autres au point d’avoir pratiqué les trois religions monothéistes.
J’espère que « cette saga » vous immergera dans ce VIIe siècle nord africain insuffisamment connu et falsifié par les penseurs du pan arabisme pour lesquels les Berbères n’ont existé que depuis l’arrivée de l’islam et sont donc voués à être arabisés par tous les moyens. Le premier fut d’interdire et de persécuter la langue et la culture berbère pour les étouffer, les réduire ; pourtant celles-ci subsistent toujours et reprennent au XXIème siècle, petit à petit, leurs droits légitimes toujours par le dialogue et le militantisme pacifiques. Et ceci est aussi rare qu’admirable dans le monde de violence que nous vivons, pour s’enorgueillir et le souligner.
À mon épouse Anne-Chrystel, à ma fille Tanya, à mon fils Koceïla, à tous les miens. Avec mes remerciements tous particuliers et les plus sincères à Thierry Billard, mon éditeur, qui m’a toujours honoré de sa confiance et de son amitié.

Raouf Oufkir «Pourquoi l’intégrisme nous menace ?» (Pygmalion).
Raouf Oufkir, de nationalité franco-marocaine, a passé 20 ans (de 15 à 35 ans) dans les prisons d’Hassan II. Une épreuve partagée avec sa famille racontée dans son livre « Les Invités » (Flammarion), sur laquelle il ne veut plus s’exprimer. Il n’empêche que ce parcours singulier lui donne la distance de l’analyste et une légitimité auprès des publics des banlieues qu’il rencontre. Né musulman, Raouf Oufkir, au nom d’une vision laïque, passe au peigne fin la tentation islamiste dans les quartiers déshérités de France.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>